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Photo:Patrick Simard , Chic Slameur ,Saguenay |
Cyranez de Bergeronnes en France
Heureux moments pour mon ami Stéfane Guignard.
Cyranez de Bergeronnes a remporté la deuxième édition du concours SLAM-POÉSIE Québec-France et ira représenter le Québec dans une tournée de performances sur les scènes françaises en mai prochain. Cette tournée promotionnelle en France est d'une durée d'une semaine. Les slameurs, véritables ambassadeurs de la Belle Province, auront à coeur de promouvoir la diversité de la langue française et de participer au rayonnement de la francophonie.
Cette deuxième édition avait lieu à Saint-Jean sur le Richelieu en ce samedi 2 avril 2016; plus de 13 slammeurs choisis par le jury ou qualifiés par une association régionale se sont rencontrés et ont livré leur poésie .
Deux textes ont été défendus par Stef : Je suis un gars de la Côte-Nord et Corde à linges , corde à mots. Le projet Cyranez de Bergeronnes est issue d'une longue collaboration entre Stef et moi . Pour arriver à un slam qui sonne, il faut des oreilles pour écouter, une voix qui porte les mots et parfois des événements qui viennent bousculer nos vies. C'est ainsi que le Slam Corde à linges , corde à mots dédié à ma mère ,Madeleine Sirois , victime de la maladie d'Alzheimer, est ma paye pour avoir appuyé Stef dans son travail de création. Je salue une fois de plus le talent de cet ambulancier et comédien au grand coeur !
À Madeleine Sirois, disparue au bout de sa mémoire
Sur la corde à linge de sa vie
Y’a des gilets coudes à coudes qui ont fait la guerre face à face
Qui ont des trous de balles à la place du coeur
Y’a des bobettes ceintures à ceinture qui ont fait l’amour fesse à fesse
Qui ont passé leur vie sans sortir du garde-robe
Y’a des camisoles sans manches qui ont travaillé même le dimanche
Qui sont grises d’avoir trop fumé, d’avoir trop toussé
Y’a des culottes jambe à jambe qui ont été patinées par le temps
Qui se sont usées les genoux pour le bon dieu
Y’a des bas en laine d’habitant qui se sont gelés juste pour gagner leur vie
Qui ont été volé à un mouton pour en habiller un autre !
Y’a des draps blancs , plus blanc que le ciel qui me font signe de pleurer
Comme des grands mouchoirs évadés de l’asile , du (maudit) crisse de chsld où toute la corde à linge est
en train de chalouper avec ma mère qui a bâti un pays solide qui lui fait manger du manger mou.
Riez pas tabarnac
Dans le dictionnaire de sa vie y’ont oublié un mot
Pas comme on oublie son lunch sur la table
Pas comme on oublie ses clefs sur le char
Pas comme on oublie la date d’une fête
Pas comme on oublie le nom d’une province
Pas comme on oublie un numéro de téléphone
Pas comme on oublie une osti de réplique au théâtre
Pas oublier comme ça là !
Mais oublier comme oublier son nom
Y’ont oublié le verbe : « alzheimer » (é)
Comme alzheimer son adresse
Alzheimer son médicament
Alzheimer de mettre le four à off
Alzheimer de jouer de la musique
Alzheimer de manger pour dîner
Alzheimer de s’habiller en hiver
Alzheimer de compter ,
Alzheimer de lire ,
Alzheimer d’écrire…
Alzheimer mon nom
Maman, es–tu encore maman ?
Même l’écho du couloir en face de l’ascenseur est vide.
Alzheimer à quoi ça sert une fourchette, une cuillère pis un couteau.
Pour le couteau, elle savait vraiment plus quoi faire avec
Pcq elle se l’aurait planté à la bonne place, juste pour sortir de la place,
Pour aller mourir dignement ailleurs comme un goéland au bout de son sang.
Pis un jour, délivrance , son défunt mari est venu la chercher.
Ben non calisse (BON QUIEU) : pensez vous que mon père l’aurait laisser sécher
pendant 7 ans , 7 ans ! 7 ans, c’est trop longtemps sur une corde à linge !
Corde à linges , corde à mots , on peut ben tout étendre, on peut ben tout sécher.
Décrochez vot’cœur y commence à être sec en criss!
(Ne laissez pas votre coeur se tarir , ouvrez vos bras, les mots n'ont plus rien à dire)
Mais au bout de la corde, je vous l'accorde , les mots n'ont plus rien à dire que le désordre.
Mais au bout de la corde, pendus au bout , mes mots n'ont plus rien à dire .
Reste sur la corde, ma mère au bout de sa mémoire et moi, funambule obligé, au bout de mes mots qui regarde le vide.
Reste sur la corde, ma mère au bout de sa mémoire et moi, funambule obligé, au bout de mes mots qui n'ont plus rien à dire
Reste sur la corde, ma mère au bout de sa mémoire et moi, funambule obligé, au bout de mon coeur , les bras ouvert avide d'amour
À Madeleine Sirois, disparue au bout de sa mémoire
Dans la corde à linge de sa vie
Y’a des gilets coudes à coudes qui ont fait la guerre
face à face
Qui ont des trous de balles à la place du coeur
Y’a des bobettes ceintures à ceinture qui ont fait
l’amour fesse à fesse
Qui ont passé leur vie sans sortir du garde-robe
Y’a des camisoles sans manches qui ont travaillé même le
dimanche
Qui sont grises d’avoir trop fumé, d’avoir trop toussé
Y’a des culottes jambe à jambe qui ont été patinées par le
temps
Qui se sont usées les genoux pour le bon dieu
Y’a des bas en laine d’habitant qui se sont gelés juste
pour gagner leur vie
Qui ont été volé à
un mouton pour en habiller un autre !
Y’a des draps blancs , plus blanc que le ciel qui me font
signe de pleurer
Comme des grands mouchoirs évadés de l’asile , du crisse de chsld où
toute la corde à linge est
en train de chalouper avec ma mère qui a bâti un pays
solide qui lui fait manger du manger mou.
Riez pas tabarnac
Dans le dictionnaire de sa vie y’ont oublié un mot
Pas comme on oublie son lunch sur la table
Pas comme on oublie ses clefs sur le char
Pas comme on oublie la date d’une fête
Pas comme on oublie le nom d’une province
Pas comme on
oublie un numéro de téléphone
Pas comme on oublie une osti de réplique au théâtre
Pas oublier comme ça là !
Mais oublier comme oublier son nom
Y’ont oublié le verbe : « alzheimer » (é)
Comme alzheimer son adresse
Alzheimer son médicament
Alzheimer de mettre le four à off
Alzheimer de jouer de la musique
Alzheimer de manger pour dîner
Alzheimer de s’habiller en hiver
Alzheimer de
compter ,
Alzheimer de lire ,
Alzheimer d’écrire…
Alzheimer mon nom
Maman, es–tu encore maman ?
Même l’écho du couloir en face de l’ascenseur est vide.
Alzheimer à quoi ça sert une fourchette, une cuillère pis
un couteau.
Pour le couteau, elle savait vraiment plus quoi faire
avec
Pcq elle se l’aurait planté à la bonne place, juste pour
sortir de la place,
Pour aller mourir dignement ailleurs comme un goéland au
bout de son sang.
Pis un jour, délivrance , son défunt mari est venu la chercher.
Ben non calisse : pensez vous que mon père l’aurait
laisser sécher
pendant 7 ans , 7 ans ! 7 ans, c’est trop longtemps sur une corde à linge !
Corde à linges ,
corde à mots , on peut ben tout étendre, on peut ben tout sécher.
Décrochez vot’cœur
y commence à être sec en criss!
Je suis un gars de la Côte-Nord
Entendre la performance en France
À mon ami, mon frère , Robert
Je suis un gars de la Côte-Nord et j’ai de l’eau salée
Qui me sort des pores ,qui me fait m’envaguer
Le matin ma vie coule, elle le fait d’est en ouest
Le soir venu la lune s’écroule, elle s’ endort et sa lumière reste
Elle dessine sur l’eau , des images qui brillent
Et mon destin en photo, sur mes yeux se pupille !
Le bleu du fleuve sans le vent se détend
À l’oreille, il me souffle et c’est elle que j’entends
Cette fille toute coquille qui me quille jusqu’au quai
Parce qu’elle souhaite sans cesse m’enlacer
Au nigger head de son cœur
Sur la terre ferme de ses ardeurs
Je ne peux répondre à son chant fol
Je suis le Marius de Pagnol,
L’Ulysse d’Homère ,
Capitaine,je t’Hacab
Voilà , je te perd
Je pars en Colomb
Vers d’autres horizons, Je sais je Cabotine,
Je joue sur les Némo et me voilà perdu dans l’écume des Moby Dick
Et je pars et puis le vent me dit : Foc.
J'ai épongé son oeil
Mouillé mes draps d'envie
Ramasser son corps d'écueil
Qui traînait au lit
L'ai prise dans ma gueule
Comme un petit tas de
L'ai renvoyé au fleuve
En croyant que quelqu'un
L'enterrera
Des baisers
dont je ne L'aurai honoré
En ce doux été
d'un solstice de juin.