« C’est Vital. Ça a l’air qu’il a ramassé un cadavre dans ses filets. Il l’a dit dans sa radio. Tu veux qu’on t’en raconte, des histoires de marins ? Reste avec nous autres pis tu vas en voir, la p’tite ! »
Ce matin-là, Vital Bujold a repêché le corps d’une femme qui, jadis, avait viré le cœur des hommes à l’envers. En Gaspésie, la vérité se fait rare, surtout sur les quais de pêche. Les interrogatoires dérivent en placotages, les indices se dispersent sur la grève, les faits s’estompent dans la vague, et le sergent Moralès, enquêteur dans cette affaire, aurait bien besoin d’un double scotch.
Un enquête policière qui est presque un prétexte à montrer un village gaspésien. Une dévitalisation qui fait que le curé est remplacé par un bedeau alcoolique, que les villageois vivent dans un passé révolu en se racontant des faits qui ont fait la vie de ce village. Une écriture poétique à souhaits, des paroles lancées par les villageois au verbe haut qui portent des mots salés comme la mer et la coque des navires.
"Je souhaitais quitter la Gaspésie. Ceux que j'avais connus ici vivaient dans le passé., dans la nostalgie d'une époque révolue que tout le monde s'accordait à aimer comme telle. Le présent n'avait de beauté qu'en regard de l'hier et n'assumait pas les comparaisons. Les grands étés poissonneux , les quais remplis de voiles, la richesses des touristes et même la splendeur des levers de soleil n'avaient rien de comparable à ceux d'antan. Si je restais , le passé me hanterait , alors que je voulais une aube ressemblant à l'avenir."
L'histoire de beaucoup de villages.































