Instant de vie chez les Bouchard

Instant de vie chez les Bouchard
Claude Mattheau, 2014

jeudi 15 octobre 2026

Adalbert Bouchard (1941-1999) un oiseau rare


1971 Club 4 H
    



















Adalbert Bouchard, que personne  n'appelait autrement que par son prénom  fut le responsable du Club 4H de Bergeronnes dans les années 1970.  

Plus qu'un animateur, Adalbert était un érudit, les ornithologues qui le fréquentaient  lors des activités d'observation  lui donnaient le titre de savant pédagogue.  

Chose sûre les activités animés par Adalbert étaient toujours intéressantes. 

Sous la devise : Honneur - Honnêteté -Habileté - Humanité, le Club 4-H était  un lieu de rencontre où l’on apprenait à se connaitre et à fraterniser en travaillant ensemble à la conservation des ressources naturelles. Nous apprenions à connaître notre milieu. Avant que d'être membre 4-H , la plupart des jeunes Bergeronnais ignoraient à-peu-près tout de la nature qui les entourait. 

Toutes les réunions débutaient par un chant collectif:  l'hymne du club 4H 

L'œil droit vif et clair, la tête sereine
Marchons gaiement dans la forêt
Et dans les sentiers de ce grand domaine
Découvrons Dieu et son secret
De nos grands bois, contemplons les ramures
Que vers le ciel s'élèvent nos chansons
Des oiseaux les notes pures
Avec nous font unisson.
C'est nous les 4-H, notre âme est éprise
Des arbres verts, de leur beauté
Et notre blason porte la devise :
Honneur, Honnêteté, Habileté, Humanité.


Dans les atelier sous la direction d'Adalbert , les jeunes membres cueillaient des plantes  pour monter un herbier, le  pressage et le  séchage n'avaient plus de secrets pour nous, par contre les noms des plantes qu'Adalbert déclinait en latin ne collaient pas à nos jeunes cervelles. Heureusement, il finissait par nous dire le mot français... Je crois qu'Adalbert aimait bien se payer notre tête ...

Mlle Thérèse Tchernoff, de Forestville, avait visité notre club  et on  avait alors déchiqueté un arbre  pour en étudier la structure . Après cet atelier, plus un arbre , ne semblait être normal, chacun avait sa particularité.  

Afin de garder notre attention et de stimuler les membres , chaque rencontre était ponctuée d'une période récréative. Ainsi avions-nous monter des saynètes pour divertir nos parents , c'était une façon de présenter nos expositions et de financer les activités du club. Je me souviens d'un sketch sur le camping sauvage  dans lequel  on faisait l'éloge du calme de la forêt . Arrivait alors un ours  qui venait changer la donne. Comme nous n'avions pas de costume pour l'ours , nous avions simplement jeté une couverture grise  sur le dos du comédien et avions dessiné une bulle sur laquelle les spectateurs pouvaient lire: GRE !   GRE!  Je suis un ours ! 

À chaque rencontre, une équipe était responsable du jeux. Notre équipe avait hérité de la rencontre avec un amputé.  Il s'agissait de bander les yeux du visiteur , et de lui faire toucher les moignons du pauvre homme. Après le genoux et les bras,  le visiteur était invité à toucher le nez atrophié de l'amputé avec l'avertissement suivant :  Fais  attention de ne pas toucher le seul oeil qui lui reste. 

Au moment où notre victime approchait son doigt du nez, nous placions un pamplemousse dans lequel un trou avait été pratiqué, et ce dernier enfonçait son doigt dans ce qu'il croyait être un oeil . Fou rire général.  

 Pour passer de la théorie à la pratique,  Adalbert organisait des sorties .  



 

21 clubs répartis sur toute la Côte-Nord





Le Nordic, 25 -02-1970





L’oiseau rare : Adalbert Bouchard (1941-1999)

 

Adalbert Bouchard est reconnu dans le monde de l’ornithologie comme un observateur chevronné. Depuis toujours, Adalbert se préoccupe de la santé de la planète. Dans les année 70, il anime le club 4-H local et n’hésite jamais à organiser des ateliers lors des congrès régionaux pour apprendre aux jeunes à réaliser un herbier.

 

Ses collègues ornithologues lui confèrent le titre de savant-pédagogue. En 1981, il est le premier contributeur de l’UQCN (Union québécoise pour la conservation de la nature), Adalbert plaide pour la sauvegarde et la création d’aires protégés.

 

 Ses précieuses et précises observations comme ornithologue s’échelonneront de 1975 à 1999. Il collaborera avec Jacques Ibarzabal, un de ses anciens stagiaires, chercheur à l’Université du Québec à Chicoutimi, concernant l’identification d’un corridor migratoire de rapaces dans la baie du Moulin à Baude, près de Tadoussac.

 

Pendant des années, il s’associera à l’œuvre de Léo Brassard, fondateur des Jeunes explos (Explo-nature). À titre de naturaliste-ornithologue et d’enseignant, il initie les jeunes à la biodiversité et à la compréhension des phénomènes naturels de la région de l’estuaire du Saint-Laurent. (1977-1994)

 

Adalbert était en bon pédagogue, un vulgarisateur né.  Beaucoup de jeunes villageois, ayant été membre du club 4-H lui sont redevables. Sa mission de vie : donner aux jeunes les yeux pour voir, comprendre et respecter la nature.

 

Sa phrase célèbre : « Ce ne sont pas les oiseaux qui manquent, ce sont les observateurs. » Sagace, l’homme.

 

Ce drôle d’oiseau n’aura jamais cessé de recruter des observateurs par son seul exemple.

 

 


mercredi 7 octobre 2026

LES BERGERONNAIS DU DRÔLE DE MONDE

 

Le Centre Civique vers 1970

Un éditorial qui vante l'esprit d'initiative des villageois. Rédigé par un Bergeronnais, je dirais que le vent souffle fort au village, rédigé par un excellent éditorialiste de l'Aquilon, je dirai que c'est une analyse dont peuvent être fiers les bâtisseurs de ce village.





Albert Deschenes, éditorialiste au journal l'Aquilon,
lors d'une conférence sur le Vatican
  Forestville, 1966


vendredi 25 septembre 2026

Pierre Vallière et Lucien Lessard : au-delà d'une date .

 




Le Parti Québécois 



Qu'ont en commun Lucien Lessard et Pierre Vallière ? Cette question me vient à l'esprit  au moment où j'apprends que les deux hommes sont nés la même date .  J'ai presque peur de la réponse . Peur parce que l'un est le produit d'un système éducationnel qui le mène à se poser des questions sur les inégalités sociales vécues par les Québécois et l'autre, un dissident, autodidacte ,qui lui aussi s'intéressent à l'avenir des Québécois . 


Je commence donc à trouver réponse à ma question. L'IA dit: 


 Il est tout à fait fascinant — et nullement terrifiant — de constater ce qui unit ces deux hommes. Lucien Lessard et Pierre Vallières sont effectivement nés exactement le même jour : le 22 février 1938. 

Au-delà de cette coïncidence astrale, ils partagent le portrait d'une même génération charnière du Québec. Nés à la fin de la Grande Dépression et ayant grandi sous l'ère de Maurice Duplessis, ils incarnent deux trajectoires d'émancipation d'un peuple qui s'éveille à lui-même.
Voici ce qu'ils ont fondamentalement en commun :
1. La quête de l'affirmation nationale et sociale du Québec
Les deux hommes partagent la conviction profonde que le statut des Québécois francophones de l'époque est inacceptable et qu'un changement structurel est nécessaire. Ils placent l'avenir politique du Québec au centre de leur vie et militent tous deux pour l'indépendance de la province.
2. L'obsession de la justice et de l'équité
  • Pierre Vallières, l'autodidacte issu du milieu ouvrier, théorise et dénonce avec virulence l'oppression économique et les inégalités structurelles subies par la classe prolétarienne francophone (notamment dans son ouvrage choc Nègres blancs d'Amérique). 
  • Lucien Lessard, diplômé en sciences sociales et enseignant, canalise cette même indignation face aux inégalités. Il consacre sa carrière politique au développement des régions — en particulier sa Côte-Nord natale —, luttant contre l'isolement géographique et économique des populations locales. 
3. Deux visions de l'action : Les institutions vs La dissidence
C’est ici que leurs chemins se séparent sur la forme, tout en poursuivant le même idéal :
  • La voie des institutions (Lessard) : Lucien Lessard choisit le réformisme démocratique. Pionnier du Parti québécois (élu dès 1970), il devient ministre sous René Lévesque. C'est à lui que l'on doit, entre autres, l'inscription de la célèbre devise « Je me souviens » sur les plaques d'immatriculation québécoises. 
  • La voie de la rupture (Vallières) : Pierre Vallières choisit la clandestinité et la dissidence idéologique en devenant l'un des leaders intellectuels du Front de libération du Québec (FLQ). Pour lui, le système est trop corrompu pour être réformé de l'intérieur, ce qui le mène vers l'action révolutionnaire puis la prison. 
En résumé
Il n'y a pas de raison d'avoir peur de ce parallèle. Au contraire, ils représentent les deux faces d'une même médaille historique. Ils illustrent comment une même prise de conscience face aux injustices d'une époque a poussé deux hommes nés le même jour à consacrer leur existence au destin collectif du Québec, l'un par la voie de la construction ministérielle et l'autre par celle de la révolte intellectuelle.


dimanche 20 septembre 2026

L'orignal du comté de Saguenay ...

 


Lucien Lessard en invitant le chef de l'opposition officielle
 sur la Côte-Nord en 1971 avait pour but de  démontréaliser le PQ




Le parti de René Lévesque : un retour aux sources
essai politique , André Larocque Éditions Fides 

dimanche 12 juillet 2026

Pourquoi le pont sur le Saguenay ne se fait pas...




Pourquoi le pont sur le Saguenay n'est pas encore une réalité après 100 ans de promesses...

Pourtant promis par tous les partis sans exception, ce projet devrait donc être prioritaire...

Logiquement !

Mais le problème est ailleurs...

Explication.



Le pib de la région est de 10 milliards, celui du Québec de 500 milliards , le rapport de force pour la construction d'un pont se situe sur le rendement économique de l'infrastructure : la majorité des richesses exploitées ne nécessite pas un passage routier vers l'ouest de la province, si c'était le cas , la construction de ce pont serait depuis longtemps réalisée.


Ce qui permet aux divers gouvernements élus d'allonger les délais c'est qu'aucun ralentissement économique significatif ne pèse sur le PIB de la province à cause de l'absence de ce pont hypothétique.

De plus, depuis qu'existe le fly-in fly out , l'industrie minière ne souffre plus des problèmes de main d'oeuvre et par le fait même, cette industrie n'exerce plus beaucoup de pression sur l'état des liens routiers de la région.


Lors de la réfection prochaine du complexe Manic, 72 logements construits par HQ seront à la disposition des travailleurs , avec à la clef, un aéroport à la porte ! Vous devinez que les travailleurs venus des 4 coins de la provinces n'auront pas à s'établir dans la région et voleront au-dessus de nos routes !

Additionnez toutes ces façons de faire et constatez que la région, malgré un pib élevé, se vide , et l'argent suit les poches de ceux qui viennent et repartent...D'ici 2051 , la région va perdre encore 15 ,1% de sa population (13,000 individus en moins) : pour illustrer c'est comme faire disparaître toute la HCN et les deux communautés innus de la région !


Illustration toute imaginée de la Grande Tabagie 
de Tadoussac -Baie-Sainte-Catherine (Pointe-aux-Alouettes)


Ce portait vous semble peut-être pessimiste, mais c'est en fait le reflet des stratégies industrielles qui permettent justement à la Côte-Nord d'afficher un enviable PIB . En tous cas , si ce pont devient réalité, je souhaite qu'on le nomme en l'honneur d'Adanabijou .


Même les illustrateurs en rêvent ! 


*Le 26 mai de la même année (1603), une petite expédition dirigée par le navigateur François Gravé du Pont accoste à Tadoussac. L’équipage est notamment composé du cartographe Samuel de Champlain, mais aussi de deux Innus qui avaient passé l’année en France. Ces derniers servent d’interprètes et de guides au cas où l’expédition tournerait mal.

Sur l’autre rive du Saguenay, ils distinguent au loin les lumières d’une grande fête. Il s’agit de la coalition laurentienne, soit des représentants innus, anichinabés, malécites et autres Premières Nations de la vallée du Saint-Laurent, rassemblée pour fêter une victoire contre les Iroquois. Dans un récit, Samuel de Champlain signale la présence de scalps sanguinolents sur place.

Le 27 mai, l’expédition française rejoint la fête, et les interprètes innus racontent ce qu’ils ont vécu en France.

« Il paraît qu’il y a un silence, que les gens écoutent, sont fascinés. Ces Innus sont arrivés sur des îles flottantes – c’est ainsi que les Amérindiens voyaient les bateaux au départ. À la suite de quoi le grand chef, Anadabijou, se serait levé et aurait dit à Champlain et à Gravé du Pont : "Vous êtes les bienvenus ici, vous pouvez peupler ces terres si vous le souhaitez, mais à une condition : vous allez combattre nos ennemis à nos côtés." »
— Une citation de  Éric Bédard

Éric Bédard (1969- ) est un historien québécois, professeur à l'Université TÉLUQ, spécialisé sur le Québec.