Instant de vie chez les Bouchard

Instant de vie chez les Bouchard
Claude Mattheau, 2014

vendredi 25 septembre 2026

Pierre Vallière et Lucien Lessard : au-delà d'une date .

 







Qu'ont en commun Lucien Lessard et Pierre Vallière ? Cette question me vient à l'esprit  au moment où j'apprends que les deux hommes sont nés la même date .  J'ai presque peur de la réponse . Peur parce que l'un est le produit d'un système éducationnel qui le mène à se poser des questions sur les inégalités sociales vécues par les Québécois et l'autre, un dissident, autodidacte ,qui lui aussi s'intéressent à l'avenir des Québécois . 


Je commence donc à trouver réponse à ma question. L'IA dit: 


 Il est tout à fait fascinant — et nullement terrifiant — de constater ce qui unit ces deux hommes. Lucien Lessard et Pierre Vallières sont effectivement nés exactement le même jour : le 22 février 1938. 

Au-delà de cette coïncidence astrale, ils partagent le portrait d'une même génération charnière du Québec. Nés à la fin de la Grande Dépression et ayant grandi sous l'ère de Maurice Duplessis, ils incarnent deux trajectoires d'émancipation d'un peuple qui s'éveille à lui-même.
Voici ce qu'ils ont fondamentalement en commun :
1. La quête de l'affirmation nationale et sociale du Québec
Les deux hommes partagent la conviction profonde que le statut des Québécois francophones de l'époque est inacceptable et qu'un changement structurel est nécessaire. Ils placent l'avenir politique du Québec au centre de leur vie et militent tous deux pour l'indépendance de la province.
2. L'obsession de la justice et de l'équité
  • Pierre Vallières, l'autodidacte issu du milieu ouvrier, théorise et dénonce avec virulence l'oppression économique et les inégalités structurelles subies par la classe prolétarienne francophone (notamment dans son ouvrage choc Nègres blancs d'Amérique). 
  • Lucien Lessard, diplômé en sciences sociales et enseignant, canalise cette même indignation face aux inégalités. Il consacre sa carrière politique au développement des régions — en particulier sa Côte-Nord natale —, luttant contre l'isolement géographique et économique des populations locales. 
3. Deux visions de l'action : Les institutions vs La dissidence
C’est ici que leurs chemins se séparent sur la forme, tout en poursuivant le même idéal :
  • La voie des institutions (Lessard) : Lucien Lessard choisit le réformisme démocratique. Pionnier du Parti québécois (élu dès 1970), il devient ministre sous René Lévesque. C'est à lui que l'on doit, entre autres, l'inscription de la célèbre devise « Je me souviens » sur les plaques d'immatriculation québécoises. 
  • La voie de la rupture (Vallières) : Pierre Vallières choisit la clandestinité et la dissidence idéologique en devenant l'un des leaders intellectuels du Front de libération du Québec (FLQ). Pour lui, le système est trop corrompu pour être réformé de l'intérieur, ce qui le mène vers l'action révolutionnaire puis la prison. 
En résumé
Il n'y a pas de raison d'avoir peur de ce parallèle. Au contraire, ils représentent les deux faces d'une même médaille historique. Ils illustrent comment une même prise de conscience face aux injustices d'une époque a poussé deux hommes nés le même jour à consacrer leur existence au destin collectif du Québec, l'un par la voie de la construction ministérielle et l'autre par celle de la révolte intellectuelle.


dimanche 20 septembre 2026

L'orignal du comté de Saguenay ...

 


Lucien Lessard en invitant le chef de l'opposition officielle
 sur la Côte-Nord en 1971 avait pour but de  démontréaliser le PQ




Le parti de René Lévesque : un retour aux sources
essai politique , André Larocque Éditions Fides 

dimanche 12 juillet 2026

Pourquoi le pont sur le Saguenay ne se fait pas...




Pourquoi le pont sur le Saguenay n'est pas encore une réalité après 100 ans de promesses...

Pourtant promis par tous les partis sans exception, ce projet devrait donc être prioritaire...

Logiquement !

Mais le problème est ailleurs...

Explication.



Le pib de la région est de 10 milliards, celui du Québec de 500 milliards , le rapport de force pour la construction d'un pont se situe sur le rendement économique de l'infrastructure : la majorité des richesses exploitées ne nécessite pas un passage routier vers l'ouest de la province, si c'était le cas , la construction de ce pont serait depuis longtemps réalisée.


Ce qui permet aux divers gouvernements élus d'allonger les délais c'est qu'aucun ralentissement économique significatif ne pèse sur le PIB de la province à cause de l'absence de ce pont hypothétique.

De plus, depuis qu'existe le fly-in fly out , l'industrie minière ne souffre plus des problèmes de main d'oeuvre et par le fait même, cette industrie n'exerce plus beaucoup de pression sur l'état des liens routiers de la région.


Lors de la réfection prochaine du complexe Manic, 72 logements construits par HQ seront à la disposition des travailleurs , avec à la clef, un aéroport à la porte ! Vous devinez que les travailleurs venus des 4 coins de la provinces n'auront pas à s'établir dans la région et voleront au-dessus de nos routes !

Additionnez toutes ces façons de faire et constatez que la région, malgré un pib élevé, se vide , et l'argent suit les poches de ceux qui viennent et repartent...D'ici 2051 , la région va perdre encore 15 ,1% de sa population (13,000 individus en moins) : pour illustrer c'est comme faire disparaître toute la HCN et les deux communautés innus de la région !


Illustration toute imaginée de la Grande Tabagie 
de Tadoussac -Baie-Sainte-Catherine (Pointe-aux-Alouettes)


Ce portait vous semble peut-être pessimiste, mais c'est en fait le reflet des stratégies industrielles qui permettent justement à la Côte-Nord d'afficher un enviable PIB . En tous cas , si ce pont devient réalité, je souhaite qu'on le nomme en l'honneur d'Adanabijou .


Même les illustrateurs en rêvent ! 


*Le 26 mai de la même année (1603), une petite expédition dirigée par le navigateur François Gravé du Pont accoste à Tadoussac. L’équipage est notamment composé du cartographe Samuel de Champlain, mais aussi de deux Innus qui avaient passé l’année en France. Ces derniers servent d’interprètes et de guides au cas où l’expédition tournerait mal.

Sur l’autre rive du Saguenay, ils distinguent au loin les lumières d’une grande fête. Il s’agit de la coalition laurentienne, soit des représentants innus, anichinabés, malécites et autres Premières Nations de la vallée du Saint-Laurent, rassemblée pour fêter une victoire contre les Iroquois. Dans un récit, Samuel de Champlain signale la présence de scalps sanguinolents sur place.

Le 27 mai, l’expédition française rejoint la fête, et les interprètes innus racontent ce qu’ils ont vécu en France.

« Il paraît qu’il y a un silence, que les gens écoutent, sont fascinés. Ces Innus sont arrivés sur des îles flottantes – c’est ainsi que les Amérindiens voyaient les bateaux au départ. À la suite de quoi le grand chef, Anadabijou, se serait levé et aurait dit à Champlain et à Gravé du Pont : "Vous êtes les bienvenus ici, vous pouvez peupler ces terres si vous le souhaitez, mais à une condition : vous allez combattre nos ennemis à nos côtés." »
— Une citation de  Éric Bédard

Éric Bédard (1969- ) est un historien québécois, professeur à l'Université TÉLUQ, spécialisé sur le Québec.

lundi 25 mai 2026

Le lac St-Jean en une prière.

 


Le dieu de l'hiver, c'est l'homme (Alain).

Béni sois-tu, Seigneur, 

Pour le lac Saint-Jean.

 Je te remercie de me l'avoir donné Gratis.

  Il était avant moi 

Il sera après moi.

 Je te remercie de me donner le pouvoir

 De marcher dessus.

Je ne suis ni Toi

 Ni Pierre,

 Pour marcher dessus

 Durant l'été ; 

Mais durant l'hiver,

 Je peux marcher dessus, 

Sans mérite.

Je marche un mille, deux milles 

En ligne droite, 

Et je n'ai pas quitté le bord.

 Je vire de bord et je rentre,

 Sans l'avoir entamé.

 Béni sois-tu, Seigneur,

Pour le lac bleu,

Le lac gris,

 Le lac moutonneux.

Pour le lac lisse

Comme de l'huile.

 Pour son silence formidable,

C'est-à-dire épeurant,

Et pour sa colère formidable,

C'est-à-dire formidable.

 Pour son bandeau de nuages,

 Les matins de fin novembre,

Avant qu'il ne ferme l'œil

 Pour six mois.

 Pour sa fusion d'hiver

 Avec l'horizon,

Et pour son long dégel noir

 D'avril et de mai.

Pour la crevasse arquée

 Entre Chambord et Métabetchouan, 

Qui dénonce si net

Le terrible jugement

 De l'hiver implacable.

Pour la glace,

  Claire et noire,

Sous les deux ponts

 Le pont des chars,

 Je veux dire le train, 

Et le pont du monde,

 Celui de la Voirie.

Et pour son bleu azur

Les jours de vent du nord, 

Le cher bleu à laver 

Qui se vendait en cubes,

 Du temps que ma mère 

Lavait mon linge.

Béni sois-tu pour le soleil qu'il boit, 

Les soirs de juillet,

 Et pour la lune qu'il renvoie,

 Les soirs de janvier.

 Pour être lui,

 Pour être là,

 Béni sois-tu.

 Béni sois-tu

 Pour la liberté dernière

De marcher ;

La première étant la même,

La troisième

 Étant de voir.

Béni sois-tu !

Car enfin,

Qui pourrait mériter Le lac Saint-Jean ?

 

Jean-Paul Desbiens