Instant de vie chez les Bouchard

Instant de vie chez les Bouchard
Claude Mattheau, 2014

samedi 24 septembre 2022

Étude secrète sur le pont de Tadoussac (1979)

 

Après avoir obtenu une étude positive concernant le pont de Tadoussac, Lucien Lessard, ministre des Transports se fait rabrouer par une étude secrète  qui vient détruire la première ...Pas facile le pouvoir ! 

Le Soleil , 8 nov. 2016




dimanche 18 septembre 2022

Quand la Caisse de Bergeronnes finance la victoire des Alliés

 


Durant la seconde Guerre mondiale, les Bons de la victoire trouvent difficilement preneurs, on recourt alors à une panoplie d'affiches colorées, aux appels au sens patriotique et aux moyens de vente considérables employés pour les emprunts de la Victoire pendant la Première Guerre mondiale. Du 15 juin 1941 au 1er novembre 1945, on lance successivement neuf emprunts de la Victoire qui rapportent près de 12 milliards de dollars, dont 52 p. 100 sont achetés par des entreprises, le reste des obligations étant acquises par des particuliers. Un taux de 5,5 p. 100 étalées sur 5, 10 et 20 ans est versé aux investisseurs.


Entre juin 1941 et novembre 1945, neuf campagnes d'emprunt rapporteront la somme exceptionnelle de 12 milliards de dollars, montant recueilli à peu près également entre les entreprises et les particuliers. Soulignons qu'au début du conflit, en 1939, le Canada est loin d'être prêt à participer massivement à l'effort de guerre. Le chef de l'état-major, le général McNaughton, dit notamment à ce sujet : «Sauf pour les fusils et les balles, qui nous viennent en partie de la Grande Guerre, nous n'avons aucun stock de réserve.»


Le soleil, 25 octobre 1943, lundi 25 octobre 1943






Source: Bilan du siècle, https://bilan.usherbrooke.ca/


lundi 15 août 2022

La route ça tue-tu ?

 



SLAM  

"ON THE  ROAD BAD TRIP"




Y’ a deux rubans de routes sans stoppages qui traversent le village 

Une qui tue, une qui a tué et une qui tuera encore

L’autre aussi a déjà tué, dans un récent passé … 

Dans le détour de la Côte-à-Bouleaux, sur le pont de la Rivière, dans le détour pas loin de chez Hervé Simard, une fois, oui, six morts.

Du sang qui coule, des sirènes de police aux cerises invisibles parce qu’il est cinq heures pis que le soleil tape dans les winshield des chars, des sirènes d’ambulances, des cris pis des silences et quelques vaches mugissant quand les autos prennent le champ.

La route a changé de nom, est devenue la Principale, mais c’est pas parce qu’un tueur à gage change de nom qu’il devient meurtrier légal comme Napoléon

La rue Principale, alias route 138, alias route 15, alias chemin de colonisation, est une vieille coupable qui est loin d’avoir dit son dernier mort.

Qu’est-ce que tu fais à 60, 70 ou 80, dans la zone de 50 ?

Qu’est-ce que tu fais ‘sti de complice de la route tueuse, hein ?

Y’ont pas distribué de cerveaux le jour des permis ?

C’est une question que je te pose, je parle pas à ton pied qui est sur la pédale, c’est à toi que je parle, le piochon.

Je l’ai vu ton char, j’ai pas eu le temps de le voir passer mais des fois y’est parké ! Je l’ai entendu passer, osti de beau  bruit de moteur, ben organise toi donc pour que ton bruit de moteur devienne pas un bruit de morteur !

Tu te vois aux funérailles de la petite blonde en vélo, mon gros ?

Tu te vois tu en train d’expliquer que toi t’es vivant, le cave, pis qu’elle est morte. Ton cerveau est à pause, mais t’es vivant ! Un rutabaga qui roule en Toyota ! Un chou-fleur qui roule en Chrysler. Un  navet qui roule en Chevrolet. Un Piment qui roule en …Nissan. C’est vrai que tous les conducteurs ne sont pas des légumes, mais pose toi la question : toi laitue ? (L’es-tu)

 

Rapide et dangereux dans la rue de la Mer, c’est quoi le problème t’as hâte de rentrer au CHSLD (FOYER) ? T’as hâte d’aller mettre ton cerveau à ON dans une classe vert pomme vomi de la polyvalente !? Y’a aucune raison d’aller vite dans c’t’e rue -là ! Aucune!

Rapide et dangereux  dans le bassin, la rue tourne en rond mais Gilles Villeneuve, il reste pas là !

Rapide et dangereux dans le rang St-Joseph, là ça se peut, à condition que tu te prennes pour une crisse de tornade, le malade  !

Le MTQ a décrété que 50, c’était la vitesse idéale sur la rue principale.

Même si au village, on pense 40. Le MTQ pense 50 .

En tout cas si une conseillère se présente sur le poste de Ève Lajoie, pis qu’a promet de se battre pour 40, ben je vais me  battre pour qu’a rentre.


 

Rapport d'exploration de 1857
Le chemin de colonisation traverse la rivière Grandes-Bergeronnes

 

dimanche 22 mai 2022

L'autre village -Roman -Extraits



La seconde impression de ce roman est un peu inattendue. Je m'étais dit, on en fait une couple de cents comme  on prend une couple de lièvre  et après on passe à autre chose. Mais voilà que la trail est ouverte et que des lecteurs se lancent dans le collet ! 

Pourquoi ? Je ne sais pas et je ne veux surtout pas le savoir. Toutes les raisons sont bonnes pour lire un bouquin. 




RÉSUMÉ

Rien n'est plus stupide qu'un résumé. C'est réducteur . Accrocheur. Mais ce n'est pas du tout le roman ! L'information du lecteur obligeant, voici...




EXTRAITS

Des extraits, c'est aussi une affaire bizarre. C'est comme goûter un morceau d'éléphant. Si tu tombes sur la défense ou l'appendice caudal ... Tu mâcheras longtemps ! 

Le mieux,  c'est de rencontrer la bête . 


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Richard était le plus réaliste de nous quatre, et le plus craintif aussi. Ou peut-être était-il simplement la voix de la sagesse, une disposition de l’esprit difficile à percevoir pour des adolescents dont le niveau de maturité consistait à imiter les travers les plus intolérables des adultes. Se réunir pour fumer, se saouler ou traîner devant le Madisson Square Fortinne dans l’espoir qu’un rideau mal fermé nous donne à voir une stripteaseuse, n’était pas exactement les critères auxquels faisaient allusion nos parents en pensant à notre éducation. 


***

La lune avait fini de jouer à la chaise musicale avec les nuages, il faisait juste assez noir pour s’introduire dans le cimetière. La suite des choses allait s’inscrire dans notre vie aussi nettement que les écritures de mon père sur le papier carbone de son livret de factures. Marqué, je dormirais longtemps, la tête sous les draps…  

***

Ce qui fit dire à Richard que « la chance n’était pas toujours chanceuse. » Avant que Sylvain n’entre dans la danse et reprenne les hostilités, j’ai décrété qu’un cadavre était un cadavre. Une tautologie qui n’augurait rien de bon mais qui avait au moins la faculté de circonscrire le débat.

 On s’apprêtait à ouvrir le cercueil avec les outils des fossoyeurs ; une pioche et une pelle accrochées aux murs serviraient notre curiosité. Tout allait trop bien, Richard nous demandait si la tête du père de Rocky avait été recousue; et si ce n’était pas le cas, ne serions-nous pas placés devant un monstre en deux parties ?    

***

En mangeant mon Big John (croisement entre le hamburger, le sous-marin et la pizza qui multipliait par trois les brûlements d’estomac) il m’apparaissait que d’ouvrir l’enveloppe serait hasardeux, la présence de Boss Bouchard me semblait essentielle pour en comprendre toute la teneur. Poser un geste illégal en entrant dans la chapelle était un risque calculé mais qui allait à l’encontre du principe de l’agence : Réunir les faits, interroger les témoins, visiter le terrain et ne pas s’impliquer inutilement. Bref, rejoindre Boss sur la rue Jean-Talon serait plus avisé. 

***

« Écoutez ! L’hiver passé moi pis trois de mes chums on a décidé d’aller visiter les morts au cimetière. On a attendu janvier, on voulait être sûrs que les cadavres étaient gelés. Un zombie ça court moins vite gelé! On n’a jamais vu un popsicle gagner des médailles aux Jeux Olympiques. On est entré par un carreau de deux pieds par deux pieds, on avait peur en maudit, on aurait dû se geler nous autres aussi ! Dans la chapelle, y’avait une trappe, on l’a ouvert. HiiiIiiii! Une chance, on avait amené du WD 40. Hooo! On s’éclairait avec nos lighters, on a failli se sacrer en feu. D’où l’expression feu monsieur Tremblay …   

-  Tu vas raconter toute l’histoire ? demanda Richard, sceptique.

-   Oui, je vais raconter notre version en faisant rire le monde, pis je vais leur raconter le bout de la bague, je vais dire que Sylvain a été sauvé par une fantôme… Les bavards vont être de moins en moins nombreux, il va y avoir assez de monde pour dire que c’est juste une histoire inventée! 

-   Vas-tu parler du curé ? 

-   Crisse oui ! Je vais dire qu’il a eu la bague par la malle mais qu’il n’a pas vu que le timbre datait de 1844 ! Pis que la lettre n’a pas été livrée par le facteur, le curé est allé la chercher lui-même parce qu’il manquait d’exorciste !!   On en a ben manque des idées!

 Pris d’un fou rire, les blagues fusaient du capharnaüm de nos paroles, la machine à idées était ouverte.  Comme nos ancêtres, nous étions des indociles.