Instant de vie chez les Bouchard

Instant de vie chez les Bouchard
Claude Mattheau, 2014

mercredi 20 juin 2018

1979: Les élans de chaleur!

Affiche originale fabriquée sans traitement de texte !!!
Pendant que l'été tape à fond sur le claboard blanc de 12 pouces de large des maisons bergeronnaises rénovées grâce au  programme fédéral  PAREL , -ce qui fait dire à Tonton que les belles maisons des années 1900 du village ressemblent maintenant à des boîtes à souliers toutes pareilles- des artisans , amis.es de l'Hotel Élan, accouchent d'un spectacle de variétés qui fera courir les gens de toute la Haute-Côte-Nord :LES ÉLANS DE CHALEURS . En 1979 , les billets se vendaient : $2.50 !!! Le salaire minimum étant à $4.25, peut-on en une culbute mathématique , croire que 40 ans plus tard, ces mêmes tickets se vendraient 7.50 ?   


Photo: affiche originale

Vous pouvez reconnaître: 1 ere rangée: Lydie Bouchard,Marie Bouchard,Nicole Bouchard et Marie Hervieux. 
2 ième rangée: Lyne Caron, Jeannine Deschênes , Jacques Gagnon, Chantal Michaud ,Gaston Larouche et Gervais Michaud. 
3 ième rangée:  Marc Gagnon,Luc Hervieux,Gaétan Boucher,Jean-Eudes Caron, Germain Bouchard, Nathalie Ross.

Absent.e.s: Michel Michaud et Josée Savard 



À plus de six pieds du sol, le "Sol Caron" des Élans de chaleur peut s'exclamer: " C'est vertigineux tous les applaudissemanteaux que j'ai  trop reçus, marvoulleux! " 

La visite ... 33 étés ont passé.













1  ère rangée en haut: Léna Bouchard, Martin Gagnon, Jean-Eudes Caron, Eve Simard, Julien Maltais, Jeannine Deschênes, Bertrand Maltais, Natacha Maltais, Luc Jean-Gagnon , Lydie  Bouchard, Stéfane Guignard. 


2 ième rangée: Nathalie Girard, Lyne Caron, Hélène Guay 



3 ième rangée: Bernard Gauthier, Roger Gagnon, Marianne Otis  


Quelques textes rognés dans le défunt Plein-Jour de juin  1985. Une aventure théâtrale intéressante. L'auteur Michel-Marc Bouchard, à moins que  je ne me trompe, était même venu constater le travail de la troupe des Bergely  sur place ! Un premier théâtre d'été sur la HCN : je salue le cran de ces pionniers . Fallait le faire .











Des commentaires unanimes





Photo officielle de la troupe Bergely



Le Maillon , 18 novembre 1984


dimanche 22 avril 2018

Tristesse bergeronnaise.



Charnier : petite chapelle où sont gardés les morts en attendant
que le dégel du sol permette qu'on  creuse les fosses.












IL n'est pas de pays qui ne se construise que sur des événements festifs , il arrive tôt ou tard, que soit perturbé l'équilibre des jours. Est balancé dans le vide, notre perception que tout va durer toujours. Je porte en mon coeur la fragile  beauté  de ma communauté d'origine , je la porte prudemment comme on porte une délicate porcelaine héritée  d'une vieille tante. 

Je vous livre donc en cette chronique, un collage de quelques événements qui ont bouleversé la vie des Bergeronnes. Village, où les marées montantes poussent le frais et l'odeur du salin  jusqu'à l'autel qui trône au milieu de la vieille église de bois couleur du vent où nous fûmes pour la plupart, baptisés sans le savoir. Selon l'ordre des choses, tel qu'on le concevait jadis.  





18 juin 1986



11 09 1979


1925




1974.
Janvier 1968

30 mai 1941 
Adjutor Ratté (Simone Morin) , père de 9 enfants, 
Paul Cléo Sirois et Simon Lapointe
12 avril 1938
25 août 1953
31 mars 1959




Le Soleil 17 mai 1960







1938








Le Soleil 15 décembre 1931



L'Action 10 nov. 1964 (tragédie arrivée le 8-11)


Le Soleil, 16 juillet 1959
(L'accident est arrivé le dimanche , 13 juillet, erratum: Il faut lire Adrien Guay au lieu de Lionel  )










Le Soleil, 9 décembre 1932






Progrès du Saguenay, le 9 mars 1950



Progrès du Saguenay 26 octobre 1950


Le Soleil , 20 nov. 1972








mercredi 14 mars 2018

Altitude zéro




Récemment, j’ai rencontré  un vieux professeur de philo, devenu mon ami alors que j’étais son élève. Il me vouvoie tellement nos âges sont éloignés.


-Vous voulez que je vous raconte me demande-t-il, comment un jour, je me suis retrouvé à manger par terre avec deux de mes invités ?

Je n’eus pas le temps de répondre qu’il avait commencé son récit. Prof de philo, un jour, prof de philo, toujours!


« Nous étions assis autour d’une table. Notre hôte était une aubergiste qui n’avait ce soir-là que nous pour clients. Le temps était maussade et il pleuvait beaucoup depuis quelques jours. La conversation était agréable et chassait l’humidité ambiante. 

 Jusqu’au moment où l’un de mes invités prétendit qu’il ne comprenait pas  que des gens puissent vivre de l’assurance-chômage. Nous n’y connaissions rien, ne l’ayant jamais vécu mais nous pensions savoir quelles étaient les solutions…


C’est alors que le sourire de notre hôtesse s’est envolé.  Même si elle restait polie, j’ai senti, juste à la voir marcher de la cuisine à la salle à dîner toute l’amertume qui l’habitait.  Son embarras était visible jusque dans sa hâte de nous servir. Comme si elle avait voulu  vite se débarrasser de nous et se défaire de notre présence et des propos qui  l’avaient choquée.


Puis elle revint de la cuisine, mais cette fois-ci sa démarche était plus assurée. En fait, elle fonçait littéralement sur la table. Elle s’appuya de tout son poids sur  ses deux mains qu’elle avait déposées  contre la table, se tenant penchée derrière  la seule chaise inoccupée. Je sentais qu’il se passerait quelque chose et ce quelque chose ne me disait rien de bon.


Elle enleva de nos assiettes, le crabe.
« Ça c’est pour les pêcheurs », maugréa-t-elle.


Elle retira ensuite l’assiette de petites gâteries aux fruits qu’elle avait déposée  au centre de la table en disant : «  Pour les cueilleurs! »


Elle déchira devant nous nos billets d’excursion aux baleines.
« Ça, c’est pour les guides touristiques et les capitaines ! »


Elle tira sur la table et lança :
«  Et voilà, pour les reboiseurs ! »


Puis, elle nous invita à quitter nos sièges  en cordes tressées. Poussa les chaises dans un coin et s’exclama : « Et voilà pour les artisans! »


Elle nous avisa de nous asseoir par terre et quand elle revint, elle lança au plancher une boîte de Jos-Louis. « Ceux qui les fabriquent, travaillent à l’année ! »
Ce soir là conclut mon vieux prof, nous couchâmes par terre, dans cette cuisine vide. Et ce, pour la seule raison qu’il pleuvait à ne pas mettre des chiens dehors. Ce fut notre chance.


-Votre chance ?  m’étonnai-je.


-Oui, parce que le Purina Dog Chow est aussi fabriqué toute l’année!   »