| Bergeronnes, secteur Bon-Désir |
| Éboulis de Desbiens photo de 1951, l'éboulis remonte à 1947. BANQ |
EXPLICATION DE VICTOR TREMBLAY, 1964
| Journal Le Canadien, Juillet 1864 |
Ce blog s'adresse aux anciens Bergeronnais et aux nouveaux . Je retiens pour illustrer le but de ce recueil de souvenirs sans fin, ce mot de Friedrich Nietzsche : "Souviens-toi d’oublier".
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| Objet retrouvé après un naufrage à Bergeronnes |
La trouvaille fut faites par madame Virginie Tremblay (mariée à Épiphane Lavoie , cultivateur en 1871, née en 1855 ) .
Madame Virginie Lavoie, fille de Léon Lavoie et Christine Couturier, habitait les Petite-Bergeronnes où son conjoint était cultivateur.
Un document non daté, signé Denis Lavoie donne quelques informations au sujet de cette trouvaille .
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| Fait à remarquer: la biffure nous indique la grève de Bon-Désir comme lieu de la trouvaille , la correction indiquant plutôt la grève de Petites-Bergeronnes ? |
Voici un tableau pour faciliter la compréhension de cette lignée.
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| Premiers résultats de la recherche |
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| Extrait de l'acte de mariage d'Edgard Bouchard et d'Olivine Simard à la Paroisse Saint-Marcellin de Les Escoumins |
Le message est inscrit derrière cette carte, aussi récupérée du naufrage.
Les goélettes n'étaient pas à l'abri des naufrages, le Saint-Laurent comme le Saguenay étaient difficile à naviguer . À partir de 1930, on passa de la voile au moteur ce qui ne signifie pas que tout danger était écarté . Le métier de marin restait risqué.
Sur certains navires, on réserva longtemps un coin dédié à Sainte-Anne , la protectrice des marins. On invoquait son secours devant l'adversité : vents contraires, vagues en furie, hauts-fonds... les obstacles étaient nombreux et les prières si elles n'exauçaient pas tous les voeux des marins, faisaient office de refuge quand l'anxiété gagnait l'équipage.
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| Embouchure de la riviere Petite-Bergeronnes vers 1872 Canadian Illustrated News, 12 juin 1873 |
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Personne ne savait comment c’était arrivé. Mais il vint avec les vacances scolaires de fin d’année de 1966, une folle épidémie de rhume. Une semaine avant que la cloche ne sonne la délivrance des Fêtes, déjà des pupitres se retrouvèrent sans compagnon.
Les autorités qui se résumaient aux deux gardes du dispensaire, et à l’inévitable sœur directrice de l'école primaire, étaient sur
le pied de guerre. Les élèves eurent droit à un cours d’hygiène : il
fallait désormais se laver les mains le plus souvent possible afin de tuer dans
l’œuf les microbes qui avaient semble-t-il acheté leur permis de chasse à l’humain!
Tout commençait par un mal de gorge pénible qui vous coupait la voix et
stimulait à la hausse les actions de la compagnie Kleenex.
Réunis dans la grande salle du collège qui ma foi était plutôt petite, les élèves de l’école entendirent, vulgarisés par les infirmières, les conseils d’usage suivis de la démonstration de la sœur directrice, Sibé Mol.
« Vous comprenez mes enfant qu’il sera de bon aloi d’utiliser le papier à main avec parcimonie. Par exemple, regardez, j’ai de grandes mains et je n’utilise qu’une feuille pour les essuyer, alors je m’attends à ce que vous ayez ce même soucis pour l’économie du papier. »
De nos jours, on insisterait pour
sauver le papier et du même coup les forêts mais en 1966, sauver de l’argent était
un argument tout à fait suffisant.
L’hiver avait grugé la clarté du jour à la même vitesse que
la grippe avait éclairci les salles de classes. Trente, le matin,
les élèves n’étaient plus que vingt au début de
l’après-midi. On tombait comme des mouches, ce qui en hiver est loin d’être une
métaphore.
Ce ne serait pas, on
le pressentait, un congé comme les autres. Le jeudi 23 décembre, alors que les
lumières de l’école locale s’éteignaient pour deux semaines, le
microbe continua sa course !
Une réunion extraordinaire entre le curé du village et le bedeau eut lieu au plus haut sommet : le clocher de l’église ! C'était le lieu le plus rapproché de la Lumière de Dieu.
Monsieur le
curé, demanda à son homme de confiance de contribuer à résoudre le problème.
- Ce microbe n’est tout de même pas arrivé ici par
hasard. Il a bien fallu que quelqu’un le transporte ! Vous allez me trouver le
coupable, vous monsieur le bedeau, parce que moi, si j’enquête, les gens vont
être suspicieux.
-Je comprends monsieur le curé, vous avez assez de travail à
cerner les péchés des pécheresses pour les laver au confessionnal et à rachever de les sécher au sermon sans avoir en
plus à traquer les microbes !
Sur son rapport remis au curé figuraient plusieurs
hypothèses.
1.Si les religieuses n’accueillaient pas au pensionnat des jeunes
filles des villages du nord , que plusieurs ont entendu tousser, on n’en serait pas là
!
2. Y’ aussi le laitier qui se rend aux village voisin pour livrer
ses marchandises, suffit d’une piasse pas propre et voilà l’épidémie…L’argent n’a pas d’odeur,
les microbes non plus.
3. C’est bien beau le hockey , mais quand les étoiles locales attirent les foules, y’a des étrangers parmi nous …et qui dit étrangers dit déplacements
! Un microbe sachant chasser, chasse dans la sueurs, les cris et les
embrassades !
4. Et puis, il y a aussi le pain qui est livré de la boulangerie du village voisin
Le bedeau précisa à la satisfaction de monsieur le curé que les Saintes Espèces qui arrivaient de la Capitale étaient exemptées de microbe puisque bénies par Dieu .
-Vous savez monsieur le maire , Dieu, même s’il gère le monde du visible et de l’invisible ne peut pas faire grand-chose avec les microbes . C’est de votre responsabilité.
-Oui, oui, opina de la tête le maire. Les
services d’hygiène tente de contenir la propagation du microbe, la religion console les malades et la municipalité
doit trancher. C'est tout vu!
Le maire se mit à penser tout haut.
" Finalement, le
village est un trop ouvert aux autres. Il faut fermer à l’est et à l’ouest. Du
coté de Tadoussac on va parquer le camion d’incendie de travers dans le chemin
et du coté des Escoumins, on a juste à laisser venter le vent à Bon-Désir et ce ne sera pas long avant que le chemin soit bouché."
Tout changea. Les jeunes du villages jouèrent au hockey entre eux, le
pensionnat fut converti en hôtel local, le camping en parc municipal, l’aéroport
en piste d’apprentissage de la conduite automobile, le quai devint un
observatoire pour regarder les étoiles, et l’église était à nouveau pleine
chaque Saint Dimanche pour écouter les sermons du curé que Jos dit le Connaissant traduisait
sur le perron en mots plus simples.
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| L'embouchure de la rivière Petite-Bergeronnes Canadian Illustrated News, 12 juin 1872 |
La colonisation du Saguenay est aussi celle de la petite Côte-Nord , les visées expansionnistes des colons de Charlevoix sont d'abord dirigées vers la promesse de terres agricole plus productives que celle de leur région d'origine. Charlevoix est une bande de terre comprimée entre le fleuve et les montagnes. Les roches y poussent plus vite que le maïs. Or, le déplacement des populations des villages de Charlevoix vers le Saguenay ou encore de l'autre côté du Saguenay à la hauteur de Tadoussac est le début d'une société neuve.
Trop souvent servie par des ouvrages apologétiques, l'histoire de cette colonisation fut souvent perçue comme une épopée héroïque et désincarnée.
D'autres travaux historiques font état d'une vision partielle de l'établissement des communautés en présentant des figures dominantes de l'Eglise, le rôle des élites politiques et les interventions des exploitants économiques.
Toutes ces informations ont beaucoup d'importances mais elles négligent de raconter le quotidien des colons. On parle des familles dans des termes élogieux mais peu descriptives des conditions réelles de la vie des défricheurs. On fait des prêtres des découvreurs, des familles deviennent de mythiques élues de la Providence jetées en ces lieux pour continuer la race ! Comme me disait un colon de Colombier , une colonisation plus tardive: "Il y a des photos de curés qui débarquent de la goélette mais c'est nous autres qui avons tout fait, et on n' est pas souvent sur les photos ! "
Ce sont là , des images trop souvent présentes dans les livres d'histoire.